Si l’Arche de Noé n’est pour certains qu’un mythe, l’existence de la fameuse embarcation a soulevé bien des questions, à tel point que de nombreux explorateurs ont voué leur carrière à la recherche de cette fable millénaire.

               Selon le récit biblique, Dieu ordonna à Noé de construire une embarcation pouvant abriter un couple de chaque espèce animale ainsi que lui et sa famille, le temps que le Déluge purifie la terre. La première personne ayant cherché à localiser la célèbre arche de Noé, l’auteur romain Flavius Josèphe, affirma que c’était dans le pays de Carrhes (actuelle frontière entre la Turquie et la Syrie) que se trouvaient les restes du navire. C’est alors le début d’une quête millénaire qui se concentra notamment en Asie. L’auteur arménien Fauste est le premier à désigner le mont Ararat, en actuelle Turquie, comme dernier repos de l’arche de Noé. Pendant toute la période médiévale, des expéditions se heurtent aux conditions climatiques très difficiles puis à la méfiance des Ottomans. Il faut attendre le seizième siècle pour que la région devienne un peu plus ouverte aux voyageurs.

Photographie déclassifiée de l'anomalie d'Ararat.

Photographie déclassifiée de l’anomalie d’Ararat.

C’est cependant au dix-neuvième siècle que la première “preuve” de la présence de l’Arche est trouvée, lorsque l’explorateur James Bryce entama l’ascension de la montagne et affirma avoir trouvé, près du sommet, une poutre en bois fabriquée par l’homme. Par la suite, les tensions entre la Turquie, l’Union Soviétique et les indépendantistes kurdes empêchent l’approche du mont Ararat, ce qui provoque une baisse d’intérêt pour la question, jusqu’à très récemment. En 1995, des clichés pris par des avions-espion américains sont déclassifiés. Ils montrent ce qu’on appelle “l’anomalie d’Ararat”. Située à plus de 4 700m d’altitude, l’anomalie se présente sous la forme d’une tache sombre ayant la forme d’un navire sur les flancs de la montagne. En 2004, un homme d’affaires américain finance une expédition pour vérifier la présence des restes du navire, mais la Turquie interdit l’accès au mont. Au même moment, la CIA affirme que la tâche sombre est due soit à une pente très abrupte, soit à des couches de glace linéaires. La dernière tentative d’expédition sur le mont Ararat, en 2010, affirma avoir trouvé l’arche de Noé. Cependant, il s’est plus tard avéré qu’il s’agissait simplement d’une supercherie.

L'explorateur David Fasold pose à côté de l'une des ancres de pierre.

L’explorateur David Fasold pose à côté de l’une des ancres de pierre.

                A part le mont Ararat, un autre lieu est privilégié comme cimetière du navire mythique. Il s’agit du site de Durupinar, du nom du militaire qui le découvrit, au nord-est de la Turquie. En effet, plusieurs inondations et tremblements de terre ont mis à jour une structure rocheuse en forme de bateau. Examinée en 1960, la structure fut dynamitée et il s’est avéré qu’il ne s’agissait que d’un amas de roches issu d’un caprice de la nature. Cependant, en 1977, les explorateurs Ron Wyatt et David Fasold s’intéressent au site et trouvent de grandes pierres dressées et couvertes de glyphes et dotée d’un trou chanfrein qui aurait pu servir à attacher une corde. Ils en déduisent donc qu’il s’agit d’ancres de pierre. Ces objets ont bien été utilisés durant l’Antiquité, et l’Epopée de Gilgamesh, qui décrit également le Déluge, affirme que telles ancres furent utilisées pour stabiliser l’arche de Noé en mer agitée.

                Cette quête de l’arche de Noé a ainsi permis de mieux éclairer le mythe du Déluge, présent dans la plupart des religions et mythologies du monde, de la Chine jusque dans les Amériques, en passant par la Scandinavie et l’Europe. Cependant, jusqu’à présent, il semblerait que le navire en lui-même n’ait pas été retrouvé, et repose peut-être, en morceaux, au sommet d’une montagne inexplorée ou dans des souterrains millénaires…

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Une réponse

  1. Dan Lamek

    Il est complètement incompréhensible que des chercheurs recherchent des vestiges de l’arche biblique à partir d’image d’une forme de bateau!
    C’est à croire qu’il n’ont jamais lu la Bible.
    Le livre de la Genèse précise la forme et les mesures du bâtiment mis en oeuvre par Noé.
    Rien à voir avec la forme d’un “bâteau”.

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