Les affaires les plus énigmatiques semblent parfois les plus absurdes, et pourtant, force est de constater que bon nombre de témoignages affluent bien souvent pour s’accorder sur un point commun. Cas d’hystérie collective, ou fait divers invérifiable ?

Des agressions au gaz inexpliquées

Entre 1933 et 1944, de mystérieux événements plongent les villes de Botetourt et Mattoon, aux États-Unis, dans une paranoïa sans précédent ; tout semble converger vers les actions d’un énigmatique anesthésiste fou, localement surnommé Mad Gasser, bien qu’aucune opération policière n’ait jamais abouti à l’arrestation du criminel… Malgré des recherches approfondies.

Les avertissements du Daily Journal-Gazette se faisaient nombreux.

Les premiers faits attribués au Mad Gasser s’amorcent dans la nuit du 22 décembre 1933, dans la paisible résidence de la famille Huffman. Aux alentours de 22h, tous semblent se plaindre d’une étrange odeur ayant envahi les lieux. La police est prévenue et la résidence est évacuée du fait des nausées et inhabituels maux de têtes ressentis par les Huffman. La plus jeune fille, Alice, cède aux vapeurs et ne reprend connaissance qu’après une réanimation. Les médias locaux s’emparent dès-lors de l’affaire, sans qu’aucune explication rationnelle ne soit apportée – bien que certains témoins affirment avoir aperçu un homme suspect rôder autour des lieux.

Ce curieux fait divers n’aurait sans doute jamais marqué l’imaginaire collectif américain s’il avait été isolé. Seulement, l’épisode se répète deux jours plus tard, le 24 décembre 1933, alors que la famille Hall rentre de l’Église après y avoir passé le réveillon de Noël. À peine arrivés, Clémence Hall et son mari sont victimes de nausées et de douleurs aux yeux, qui semblent trahir un domicile intoxiqué. Ils  préviennent immédiatement les forces de l’ordre. Celles-ci arrivent sur les lieux et constatent qu’un clou empêche l’ouverture d’une fenêtre, là-même où se concentre une important quantité de gaz.

Le 27 décembre de la même année, un nouvel incident relate les mêmes faits, suivi d’un nouveau fait divers le 10 janvier 1933. Les témoignages dépeignent un homme brisant les vitres pour y injecter un gaz, sans plus de précisions. Le mode opératoire n’est pas bien compris des autorités, et la composition du gaz reste alors une énigme.

Ces mêmes faits s’enchaînent jusqu’au 9 février 1934, dernière attaque recensée du Mad Gasser. Les milices armées formées pour l’occasion s’estompent peu à peu, et la ville de Botetourt reprend son calme.

La seconde vague du Mad Gasser

Cependant, de nombreuses attaques similaires sont constatées dix ans plus tard dans la ville de Mattoon. Urban Raef, un habitant des lieux, en fait l’amère expérience le 31 août 1944. Pris de nausées, il en alerte sa femme qui semble elle-même tout bonnement paralysée par le gaz. Les agressions s’enchaînent comme à Botetourt, jusqu’à ce que les médias locaux s’accaparent les faits. Et comme à Botetourt, l’affaire cesse du jour au lendemain, la dernière attaque ayant été constatée le 13 septembre 1944.
Beaucoup de questions se posent alors ; l’identité du criminel n’est jamais révélée, ni-même ses motivations. Une seule chose est sûre ; les gaz présents sur les lieux étaient tous de nature toxique, et pouvant causer d’importants dommages physiques.

Attaque réelle, pollution et paranoïa

De nombreuses hypothèses ont par la suite été proposées ; parmi les plus rationnelles, seules trois semblent acceptables.

Un article relatant les attaques de Mattoon.

• De prime abord, un communiqué de police explique le 12 septembre 1994 que ces incidents ont été le fruit d’une pollution à la tétrachlorométhane et au  trichloréthylène constatée auprès de zones industrielles environnantes ; seulement, cette explication semble être bancale ; en effet, les ouvriers présents sur les lieux auraient dû ressentir les mêmes symptômes que les habitants, ce qui n’a pas été rapporté.

• Secondement, l’hypothèse de l’hystérie collective. Ces psychoses et crises de paniques auraient eu un tel impact psychologique sur les habitants qu’ils auraient finalement cédé au stress, cause probable de la plupart des maux.

• Enfin, la thèse la plus admise des habitants des lieux est celle d’un assaillant du nom de Farley Llewellyn, étudiant en chimie et rejeté par les étudiants du fait de son homosexualité supposée.

Quoiqu’il en soit, aucune action n’a jamais permis de faire la lumière sur l’affaire Mad Gasser. Du reste, à vous de conclure…

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