A la fin du mois de Février de 1956, les autorités soviétiques sont en émoi. En effet, d’importants moyens terrestres et aériens sont mobilisés pour retrouver un groupe de neuf randonneurs disparus au nord de l’Oural depuis plusieurs jours. Finalement, le 26 Février, les enquêteurs parviennent à une piste : ils retrouvent en effet une tente déchirée de l’intérieur et cinq cadavres.

 

Tente des randonneurs russes de Dyatlov.

La tente des randonneurs russes fut complètement saccagée.

Que s’est-il passé ? L’itinéraire des jeunes randonneurs est clair. Le 26 Janvier, l’un des membres du groupe mené par Igor Dyatlov tombe malade et est contraint d’abandonner ses camarades, échappant ainsi à une mort presque certaine et permettant aux autorités de connaître le trajet prévu et respecté à la lettre,  jusqu’à la nuit du 1er au 2 Février. Après avoir dérivé à cause d’une violente tempête de neige, le groupe décide vraisemblablement de monter le campement afin d’attendre le lever du soleil. Dans la nuit, quelque chose les pousse tous à déchirer leur tente de l’intérieur et de sortir, quasi-nus pour certains, dans un extérieur glacial. Les traces de pas conduisent les policiers russes jusqu’à la lisière d’un bois situé à près de deux kilomètres de la tente, où ils trouvent les restes d’un feu et les cinq premiers cadavres, visiblement morts d’hypothermie et tous séparés de plusieurs dizaines de mètres.

L’enquête semble alors bouclée, et les conclusions s’avancent vers un égarement des randonneurs à cause du mauvais temps. Cependant, quelques jours plus tard, les cadavres des quatre derniers disparus sont retrouvés sous une épaisse couche de neige.

Les experts légistes tombent alors sur un os. Trois corps présentent des blessures mortelles au crâne et au torse, tandis que le quatrième, celui d’une femme, a la langue arrachée. Le docteur Boris Vozrojdenny, qui inspecta les dépouilles, affirma que ces blessures ne pouvaient pas avoir été causées par un être humain, car les coups portés avaient nécessité une force extraordinaire qu’il compare à celle d’un accident de voiture. L’enquête est cependant rapidement close, avec pour conclusion que les morts ont été causées par “une force irrésistible inconnue”. Est alors principalement évoquée une coulée de neige couplée à plusieurs incidents malheureux (chute dans un gouffre, chute depuis un sapin où certains randonneurs se seraient réfugiés…) pour expliquer l’abandon rapide de la tente et les blessures de certains des membres du groupe, ou alors une attaque d’autochtones Mansi, alors mal intégrés en URSS.

ImageYéti

Les randonneurs ont-il dérangé une féroce bête sibérienne ?

Cependant, rapidement, plusieurs controverses apparaissent et sont notamment étayées par la parution publique d’une partie des rapports de l’incident dans les années 1990. On y parle notamment d’une radioactivité importante retrouvée sur les cadavres, sans que l’armée n’ait pu, à l’époque, expliquer la source de la contamination. Cette question est à mettre en parallèle avec les réactions des parents des victimes, qui affirmèrent que la peau de leurs enfants était d’une étrange couleur brune. De plus, un autre groupe de randonneurs se trouvant à cinquante kilomètres du lieu du drame affirma avoir vu d’étranges “sphères oranges” au-dessus de l’emplacement du col Dyatlov.

Certains intellectuels russes ont depuis tenté de résoudre le mystère de ce massacre, évoquant une apparition extra-terrestre, l’œuvre du Yéti ou encore une expérience de l’armée. Cependant, ces spéculations sans fondement n’ont toujours pas convaincu le gouvernement russe de livrer sa propre version sur les faits en rendant publique l’intégralité de la documentation concernant l’Affaire du col Dyatlov, qui est toujours en partie classée dans les archives secrètes de l’Etat.

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