Qui n’a jamais entendu parler des vaisseaux fantômes, ces navires pirates abandonnés et déambulant seuls sur les flots torrentiels d’une mer obéissant aux rages d’un vent déchaîné ? Parmi les légendes les plus connues, on ne cite plus celle du Hollandais volant, ce brick condamné à errer sur les mers jusqu’à la fin des temps, et dont la seule rencontre serait le signe d’un très mauvais présage …

Cependant, s’il existe une énigme bien capable de rivaliser avec toutes ces chimères océaniques, c’est sans doute celle du Mary-Céleste. Ce navire au nom enchanteur reste l’un des plus grands mystères maritimes de sa génération ; et pour cause …

Le capitaine Briggs, mystérieusement disparu avec l'équipag du Mary Céleste.

Le capitaine Briggs, mystérieusement disparu avec l’équipage du Mary Céleste.

Un jour de décembre 1872, le capitaine David Reed Morehouse, en route vers l’Europe, tombe nez à un nez avec un brick dont les voiles, bien mal arrangées, laissent penser que l’équipage a peut-être déserté, laissant derrière lui ce navire dont la position intrigue autant qu’elle inquiète. S’agit-il d’un vaisseau maudit, ou d’une cargaison pirate ? Armé de sa lunette et après examen, le capitaine Morehouse reconnaît le Mary-Céleste, mais se questionne du fait qu’aucun homme ne soit à la barre.

L’équipage du Dei Gratia, sous les ordres de Morehouse, fait cap sur le Mary-Céleste, bien décidé à faire la lumière sur ce mystère. Une fois à proximité, et s’étant rendu compte qu’aucune présence humaine n’était à signaler, ils décident de monter à bord pour mener quelques fouilles. Surprise ; tout est en place. Mutinerie ? Aucun indice probant. Une attaque ? La sérénité des lieux ne laisse paraître aucun signe de lutte armée.
Fuite soudaine ? Peut-être – mais pourquoi ?

L’équipage de David Morehouse décide d’entreprendre les premiers examens, afin de comprendre. Le livre de bord, intact, indique que le navire se trouvait dans les alentours des Açores (nord-ouest de l’Afrique) aux environs du 24 novembre. L’ardoise du navire, quant à elle, relate que le Mary-Céleste avait atteint l’île de Santa Maria le 25 novembre. Rien de plus.

En fouillant les fonds, les membres de l’équipage du Dei Gratia découvrent plus de 1700 barils chargés d’alcools… En parfait état, à l’image du brick délaissé dont le calme monacal n’est pollué que par le heurt des vagues.

Représentation du Mary Céleste par un artiste inconnu, 1861.

Représentation du Mary Céleste par un artiste inconnu, 1861.

L’histoire aurait pu s’arrêter là, ; seulement, les médias de l’époque s’emparent de l’affaire et enquêtent sur le passé du Mary-Céleste. Un nouveau mystère vient lester l’énigme ; le navire, construit en 1860 et obéissant tout d’abord au doux nom d’Amazon, semble tout bonnement être… maudit. Son premier propriétaire décède brutalement, tandis que la faillite frappe les suivants. Ayant changé de nom en 1882 pour devenir le Mary-Céleste, ce vaisseau au passé macabre est dès-lors aux commandes du capitaine Briggs, mystérieusement disparu avec son équipage aux alentours du 26 novembre 1872.

Ironie tragique ; le navire est finalement ramené à bon port et devient le bien de nouveaux propriétaires. Mais arrivé à bord, le père de l’un d’eux se noie.

Son dernier propriétaire connu décida de le faire volontairement s’échouer dans une tentative d’escroquerie aux assurances. Son épave reste aujourd’hui introuvable.

Monstre marin, hystérie collective, fuite spontanée d’un danger, accident ? Nombreuses sont les hypothèses ayant tenté de résoudre l’énigme du Mary-Céleste qui, malheureusement, emporta son maudit secret dans sa tombe subaquatique …

Pour en savoir plus : https://fr.wikipedia.org/wiki/Mary_Celeste

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