En 2016, le très sérieux journal britannique The Telegraph annonçait un projet complètement fou : la possibilité de ramener les morts à la vie. La société Bioquark, spécialisée dans la recherche médicale, a en effet reçu l’autorisation de mener des tests sur vingt patients en état de mort cérébrale. Le projet a déjà reçu un nom : ReAnima.

Ressusciter les morts

Le projet ReAnima a pour objectif de trouver une solution afin de ramener à la vie le cerveau des personnes se trouvant en état de mort cérébrale. Cela signifie que ces patients sont, selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), en chemin vers un décès définitif sans aucun espoir de retour. Néanmoins, d’ambitieux médecins sont bien décidés à bouleverser cette définition en prouvant qu’il existe un moyen de ramener à la vie des individus déclarés comme étant en mort cérébrale.

ReAnima

Le projet ReAnima s’est doté d’un logo représentant un phénix. L’animal qui renaît de ses cendres est tout un symbole.

Pour cela, les scientifiques engagés dans le projet ReAnima vont réaliser plusieurs essais afin de combiner divers traitements, comme par exemple l’utilisation de lasers visant à stimuler les nerfs et les neurones, ou encore l’injection de cellules souches. L’intérêt est de voir si celles-ci pourront survivre de façon indépendante dans un nouvel organisme et se reproduire, de la même façon que la queue du lézard repousse après s’être détachée.

L’intérêt de la recherche est certes de ramener des patients se trouvant dans des cas désespérés, mais aussi de trouver des moyens de guérir totalement des maladies dégénératives, comme celles d’Alzheimer ou de Parkinson. La régénération des neurones et des cellules-souches permettrait à la médecine de faire un immense bond en avant.

Les chercheurs se sont toutefois heurtés à des difficultés qui dépassent le cadre médical. L’autorisation d’essais cliniques sur vingt patients avait été obtenue en Inde en 2016. Pourtant, le vent a rapidement tourné dans ce pays en proie à l’influence des nationalistes hindous. Depuis, Bioquark cherche à trouver un autre terrain d’expérimentation, et prospecte notamment en Amérique du Sud en attente de l’autorisation légale d’un pays, mais aussi de l’accord des familles de patients. De quoi mettre un sacré coup de frein à ReAnima.

Le projet ReAnima au centre de la discorde

Le projet ReAnima pose beaucoup de questions. En effet, il soulève tout d’abord des considérations éthiques et religieuses, puisqu’il a pour objectif final de parvenir à ressusciter des personnes techniquement mortes, ce qui est un pouvoir techniquement réservé à Dieu.

Mais la majorité des critiques se font sur des fondements scientifiques. En effet, alors que les dirigeants de Bioquark souhaitent planifier leurs tests sur des humains, aucun essai clinique n’a eu lieu sur des animaux. Il n’y a donc aucune conclusion sur les effets que pourrait produire le traitement sur les patients choisis et il n’existe donc aucun résultat scientifique sur lesquels se fier. Le projet ReAnima ressemble donc à un grand saut dans l’inconnu, qui est dénoncé par la neurologiste américaine Ariane Lewis. Celle-ci dénonce en effet un « faux et cruel espoir de rétablissement ».

Alors qu’en est-il du projet ReAnima ? Est-ce une illusion créée par des scientifiques trop ambitieux, ou alors une initiative audacieuse qui inaugure le futur de la médecine ? Nous le saurons certainement dès que les médecins en charge du projet auront la capacité d’essayer d’accomplir ce qui est, pour l’instant, un miracle avorté.

 

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Une réponse

  1. Olive

    Incroyable… on n’a jamais été aussi proches de Dieu. Pourquoi continuer à le chercher ailleurs ? 😀
    Dans tous les cas, je crois qu’on joue avec le feu…

    Répondre

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