Au milieu du douzième siècle, les Etats Latins d’Orient, issus des croisades chrétiennes en Terre Sainte, sont en forte difficulté face aux armées musulmanes menées par un général terrible au services des sultans Seljukides : Zengi. Celui-ci, en 1144, prend la ville d’Edesse, ce qui provoque un grand désarroi au sein des armées croisées. Cependant, l’année d’après, une mystérieuse rumeur se répand et redonne espoir aux derniers européens retranchés autour de Jérusalem. En effet, une armée chrétienne venue d’Asie aurait remporté une très grande victoire contre l’Islam à Samarcande. La ville, alors extrêmement riche et l’un des symboles de la puissance des du sunnisme, aurait été prise. Cette armée de secours serait menée par un roi-prêtre nommé Jean, qui aurait fondé un royaume chrétien au cœur de l’Asie encore inexplorée. Cependant, son arrivée se fait tarder, et l’on apprend plus tard qu’il s’en serait retourné en son royaume, car incapable de franchir le Tigre.

Samarcande, royaume du prêtre Jean

Les richesses de Samarcande sont-elles tombées entre les mains d’une armée chrétienne ?

La légende réapparaît vingt ans plus tard, en 1165. L’Empereur romain d’Orient, Manuel Ier, reçoit une lettre envoyée de la part de ce déjà célèbre roi-prêtre Jean, qui lui décrit les merveilles des territoires qu’il gouverne, l’importance de ses forces militaire et la grandeur des “Trois-Indes”. Les souverains européens sont sceptiques, mais le pape Alexandre III lui répond et envoie un émissaire dont on perd la trace et qui n’a certainement jamais atteint l’Asie.

En 1187, Saladin prend Jérusalem, et plus personne ne croit alors au roi-prêtre Jean, jusqu’à ce qu’une nouvelle encourageante parvienne à la Chrétienté : les armées musulmanes auraient été vaincues, encore une fois, à Samarcande, en 1221.

Ethiopienne chrétienne

Le royaume du prêtre Jean est-il l’empire chrétien éthiopien, avec ses églises creusées dans la pierre ?

On estime alors que le royaume de Jean n’est peut-être pas en Asie, mais aux alentours de “l’Inde Africaine” : l’Ethiopie, encore mystérieuse pour les européens. Les Portugais envoient au quatorzième siècle des émissaires qui passent par le cap de Bonne-Espérance afin d’éviter les territoires sous domination des musulmans. Là, ils rencontrent les négus de l’Empire Ethiopien, qui rechignent à leur donner l’aide espérée : c’est la fin du mythe du royaume de Jean.

Pourtant, les armées musulmanes avaient bien été détruites deux fois à Samarcande, en 1145 puis en 1221. Cependant, ce n’était pas une armée chrétienne, mais des peuplades turco-mongoles : les Kara-Kitaï la première fois, et pour la seconde bataille, le très célèbre Genghis Khan, qui dévasta toute la région, transformant le rêve d’un royaume chrétien d’orient en une nouvelle menace. Cependant, le mythe d’un royaume chrétien en Asie n’est pas totalement infondé : en effet, il au treizième siècle, la Chine dispose de communautés nestoriennes, tandis qu’au sud de l’Inde sont présents les “chrétiens de Saint-Thomas”, qui sont entrés en contact avec le christianisme bien avant l’évangélisation de l’Europe.

Pour plus d’information :

Laisser un commentaire

Votre adresse mail ne sera pas publiée.