La cryptologie consiste à protéger un message en le rendant incompréhensible, voire tout simplement introuvable. Les méthodes utilisées ont des bases simples, et concernent principalement deux pratiques :

  • Tout d’abord, la plus simple et celle qui fut utilisée le plus tôt dans l’Histoire, fut la stéganographie. Il s’agit de l’art de cacher un message, si possible à l’intérieur d’un autre. Cette méthode fut notamment utilisée en Asie Mineure, lorsque les Grecs, souhaitant garder leurs intentions inconnues du roi perse Darius, faisaient raser la tête de leurs messagers. Ils tatouaient ensuite un message sur le crâne du serviteur, et lorsque les cheveux avaient repoussé, ils l’envoyaient porter un faux message. Une fois à destination, il
    Code secret code César

    Ce disque pouvait servir à décoder les messages utilisant le mécanisme de César.

    suffisait de le raser une fois de plus pour obtenir le véritable sens de sa visite. Aujourd’hui, la stéganographie s’illustre surtout dans l’utilisation de micro-points, c’est à dire de message faisant moins d’un millimètre.

  • Vient ensuite la cryptographie, ou l’art de coder un message afin qu’il ne puisse être lu que par quelqu’un possédant (ou devinant) sa clé, ou méthode de chiffrement. Là aussi, l’on a des exemples d’utilisation de la cryptologie dès 1600 ans avant notre ère, lorsqu’un potier habitant en Mésopotamie avait gravé une de ses recettes secrètes en supprimant et modifiant plusieurs mots. Le code de César, lui, est une manière très facile de coder un message qui fut utilisée par le célèbre général romain. Il s’agissait tout simplement de décaler les lettres du message. Par exemple, le mot “César”, avec une clé de +2, devenait “Eguct”.

Après ce rapide aperçu, voici quelques exemples de codes qui restent encore, en partie ou en totalité, une énigme pour les plus grands cryptographes du monde.

Kryptos

La CIA (Central Intelligence Agency) nous a, depuis sa création, habitué aux secrets en développant des opérations cachées au peuple américain et aux plus hautes instances des gouvernements nationaux. Cependant, son quartier général, à Langley (Virginie), comporte une énigme que les meilleurs experts de l’Agence n’ont toujours pas réussi à élucider. Kryptos fut créée par un sculpteur et un cryptographe de la CIA à la retraite. Le mystère prend la forme d’une sculpture de cuivre en forme de S, composé de quatre sections, où ont été découpées près de 2 000 caractères en alphabet latin. Les trois premières ont été déchiffrées par des cryptographes amateurs, bien qu’après chaque annonce de découverte, la CIA affirmait que ses propres analystes avaient déjà réussi à briser le code. Cependant, la quatrième et dernière section du panneau est encore un mystère complet, même pour les cryptographes professionnels.

CIA Kryptos code secret

Le sens de cette sculpture est un mystère, même pour les dirigeants de la CIA.

La transcription des trois premiers panneaux renvoie à des termes plutôt ésotériques qui nous interrogent sur un secret que cacherait l’institution américaine. En effet, le second panneaux fait référence aux “champs magnétiques terrestres” et à quelque chose qui serait enterré sous les quartiers généraux de l’agence, à Langley. Toujours selon le message, l’existence de la cachette aurait été révélée par un certain “W.W, à l’occasion du dernier message de ce dernier. La troisième section, elle, est une citation attribuée à Howard Carter lorsqu’il ouvrit le tombeau encore intact de Toutankhamon.

Aujourd’hui, la dernière section est un mystère, de même que le sens des messages. Ces dernières années, les créateurs de la sculpture ont livré plusieurs indices renvoyant à la “Berlin Clock”, c’est à dire une horloge située quelque part dans la capitale allemande. De plus, on sait aujourd’hui que la solution est détenue par le directeur de la CIA à l’époque, William Webster – dont les initiales nous laissent penser qu’il pourrait être lui-même complice du mystère de Kryptos…

Le code minoen

Disque de Phaistos code secret mystère

On peut remarquer la précision des symboles du disque de Phaistos, et leur répétition.

Il ne s’agit pas ici d’un code secret ou d’un message caché, mais d’une langue complète dont l’existence même fut très longtemps ignorée. L’histoire commence en 1908, lorsqu’une mission italienne pratiquant des fouilles archéologiques en Crète trouva, dans les ruines de l’ancien palais minoen de Phaistos, un petit disque d’une quinzaine de centimètres de diamètre. La civilisation minoenne, qui s’est développée entre 2700 et 1200 avant notre ère, est en effet connue pour son système d’écriture sur des billes ou des plaquettes d’argile. L’objet découvert présente des sur ses deux faces, mais devient rapidement un mystère colossal : en effet, l’écriture est totalement inconnue.

L’authenticité du disque, et le fait qu’il représente un système d’écriture, ont souvent été mis en cause. Cependant, les experts sont aujourd’hui quasiment certains que le disque de Phaistos a bien été produit par la civilisation minoenne, mais également que ses inscriptions ne sont pas une simple successions de dessins sans signification : en effet, des découvertes plus récentes ont laissé penser que le système utilisé était très répandu. Tout d’abord, en 1934, on retrouvera dans une grotte (servant de lieu de culte minoen) une hache à double-tête couverte d’inscriptions. Celles-ci ressemblent étrangement à celles du disque de Phaistos, tant dans leur forme que dans la construction des suites de signes. Ensuite, en 1992, un disque très similaire à celui de Phaistos est retrouvé dans le Caucase, dans une cave d’une ville répondant au doux nom de Vladikavkaz. Si il y a également eu  des doutes sur son authenticité, on sait aujourd’hui que le système graphique utilisé fut le même que celui du disque déterré en Crète. Là aussi, les signes sont semblables : on distingue notamment des seins de femme (représentant la fertilité), des silhouettes humaines, ou encore des boucliers. Cependant, l’étude de cet objet est désormais impossible : en effet, il a mystérieusement disparu en 2001.

Peuples de la mer disque de Phaistos

Les peuples de la mer sont très présents dans les inscriptions des Égyptiens, qui essuyèrent plusieurs invasions.

Cependant, l’un des signes les plus étonnants du disque de Phaistos représente une sorte de casque à plumes. Selon plusieurs égyptologues et experts de l’Antiquité orientale, il pourrait faire allusion à des guerriers des peuples de la mer. Ces groupes étaient constitués de pillards originaires des régions côtières méditerranéennes, qui tentèrent notamment d’envahir l’Egypte, par deux fois, au treizième siècle avant notre ère. Ce disque pourrait donc être une allusion à ces mystérieux individus, dont l’on ne sait pas grand-chose, si ce n’est que les mouvements migratoires ont provoqué un immense effondrement des structures politiques de la Méditerranée orientale, plongeant toute la région dans une longue période d’obscurité. La disque de Phaistos pourrait donc être un avertissement, une prédiction, ou encore une production de ces étrangers venus de la mer.

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