Dusan Popov fut un homme au destin exceptionnel, qui eut un rôle capital sur l’issue de la Seconde Guerre mondiale et dont l’attitude fantasque fut immortalisée dans de célèbres romans d’espionnage.

Popov est né au sein d’une riche famille serbe qui joua un rôle capital dans la seconde guerre mondial. Familier à la cour du royaume yougoslave, il quitte son pays natal pour faire des études de droit à Fribourg, dans le sud de l’Allemagne. C’est là qu’il devient l’ami d’un individu aux mœurs plutôt libérées, Johnny Jebson, qui deviendra un compagnon sincère et qui interviendra en sa faveur lorsqu’il est emprisonné par les autorités nazies à cause de son mode de vie, l’homme étant décrit comme “viril et charmant, roulant en voiture de sport, buvant du cognac et fréquentant les hôtels les plus luxueux”.

Parallèlement, Jebson est recruté par les services secrets allemands et il fait libérer Popov, qui s’engage lui-aussi avec l’Abwehr (les services de renseignements allemands) avant d’être envoyé comme espion au Royaume-Uni. Là, échaudé par son arrestation à Fribourg, il se fait recruter par les Britanniques afin de jouer le rôle d’un agent double, transmettant à ses supérieurs berlinois de fausses informations.

Dusan Popov

Sous ses airs de jeune flambeur, Dusan Popov était en réalité au centre d’un colossal jeu d’espions.

Dusan voyage beaucoup et dépense beaucoup d’argent grâce à sa double paie, notamment à Lisbonne où il a souvent rendez-vous avec ses supérieurs allemands. C’est dans la capitale portugaise qu’il rencontra l’auteur de James Bond, Ian Fleming, au cours d’une partie de baccara. Popov, avec un jeu déplorable, avait misé l’intégralité de son argent et conservait un léger sourire confiant. Ses adversaires, méfiants, se couchèrent et l’espion emporta la mise avec élégance.

Cette scène sera reprise par le jeune écrivain dans Casino Royale. Plus tard dans la guerre, il avertit Hoover, alors directeur du FBI, des volontés japonaises d’attaquer Pearl Harbor, avertissements qui ne sont pas pris en compte car l’on se méfie de lui et de son style de vie jugé décadent. Déçu et en colère que son travail ne soit pas apprécié, il multiplie les risques afin de donner à ses officiers nazis de fausses informations quant à la date et au lieu du Débarquement. Il est ainsi, sans le savoir, un rouage essentiel de la célèbre Opération Fortitude qui trompa les Allemands. Il devient dès lors un membre des agents XX ou double cross, un service spécial désignant les agents double au service des Alliés, sous le pseudonyme de Dreadnought (littéralement, “qui ne redoute rien”).

A la fin de la guerre, il profite de la paix pour s’installer dans le sud de la France, sur la Côte d’Azur. C’est là qu’il se marie avec une jeune suédoise de 19 ans, alors que lui-même en a 64. Le couple a trois enfants, et en 1981, après avoir publié ses mémoires, Dusan Popov meurt à l’âge de 69 ans.

Pour en savoir davantage : https://fr.wikipedia.org/wiki/Du%C5%A1an_Popov

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