Dr Shiro Ishii, créateur et dirigeant de l'Unité 731.

Dr Shiro Ishii, créateur et dirigeant de l’Unité 731.

En pleine première guerre mondiale, l’université impériale de Kyoto reçoit un étudiant qui changea à jamais l’histoire militaire japonaise : Shiro Ishii. Fièrement diplômé en 1920, ce jeune homme issu d’une riche famille de propriétaires terriens s’engage dans l’armée, où il peut épanouir ses ambitions extravagantes et son nationalisme poussé au sein d’un régime où l’amour absolu pour la patrie et l’Empereur le fait remarquer par ses supérieurs.
Dès lors, Ishii se plonge dans ses études d’immunologie et de bactériologie, pris d’admiration pour les armes chimiques utilisées sur le front européen lors de la dernière guerre qui déchira le monde … Détail précurseur d’une dérive lugubre.

C’est en 1930, au retour de ses voyages d’études, qu’il débute à Tokyo ses premières expériences sur des cobayes humains. Alors promu au grade de commandant, Shiro Ishii a les mains libres et l’état-major ferme les yeux, conscient que la supériorité du Japon devra passer par le développement d’armes révolutionnaires. Cependant, l’ambition du militarisme japonais dépasse très largement le petit laboratoire mis à la disposition de leur champion en armes bactériologiques, et Ishii est rapidement envoyé en Mandchourie, au nord-est de la Chine.

C’est cependant en 1941 qu’il accomplit la quintessence de son œuvre morbide, arrivant aux commandes d’un complexe militaire dont les trois chiffres resteront à jamais gravés dans les mémoires ; l’Unité 731. Il y dirige près d’un milliers de chercheurs, chimistes, intendants … aidés par une garnison entière de soldats japonais afin de maintenir l’ordre parmi les victimes.

Rapidement, les agissements de Shiro Ishii dépassent toutes les attentes de ses supérieurs. Les opposants politiques, prisonniers chinois ou même russes et autres malheureux subissent toute une batterie de tortures visant à l’établissement d’armes fiables. On leur inocule la peste, le tétanos et on les expose à l’anthrax par divers moyens, comme par la nourriture ou la distribution de vêtements souillés. Ces essais permettent ensuite à l’armée japonaise de répandre des maladies mortelles sur des villages entiers, anéantissant pas moins d’un demi-millions de civils. L’unité aux 500.000 victimes est née.

L'unité 731 vue du ciel.

L’unité 731 vue du ciel.

Dès 1942, au plus fort de la guerre, l’Unité 731 se diversifie en tortures comme les vivisections, les températures extrêmes voire le remplacement du sang par de l’eau salée, afin de répondre à la “curiosité scientifique” de Shiro Ishii. L’armée soviétique annonça même avoir retrouvé des corps momifiés, que les “savants” japonais avaient eux-mêmes fabriqués en déshydratant complètement les victimes.

Seulement, l’avancée de l’armée Soviétique vers la Chine contraint l’état-major japonais à liquider l’Unité 731 et à détruire ses infrastructures, ce qui provoque la mort de plus de six cents travailleurs locaux chinois, exécutés à l’arme lourde, ainsi que celle des prisonniers qui attendaient leurs tortures.

Il fallut attendre 2002 pour que le sinistre complexe 731 soit reconnu coupable de crimes de guerre par un tribunal japonais. Shiro Ishii, lui, n’est pas inquiété par ses actions car ses travaux ont très fortement intéressé le haut-commandement militaire américain qui, à la fin de la guerre, lui a versé une pension à vie en échange de son savoir. Il mourut en 1959, d’un cancer de la gorge.

Aujourd’hui, l’Unité 731 continue à véhiculer des légendes urbaines, rumeurs et autres mythes sur son fonctionnement et ses conséquences. Une anecdote effrayante sur l’influence que le travail de Shiro Ishii eut sur la société japonaise se retrouve notamment dans… le très célèbre jeu-vidéo Pokémon, développé au Japon. Dans la version verte datée de 1996, le joueur peut entrer en combat avec un Pokémon mystérieux identifié par le numéro 731. Il est également possible d’apercevoir des images renvoyant directement au japon impérialiste, à un portrait de Shiro Ishii ou encore à ce qui semble représenter des scènes de torture … De quoi laisser un goût amer à ceux qui s’y sont confrontés !

Un clin d’œil de mauvais goût, une légende urbaine tenace ou encore une résurgence des sociétés secrètes qui gouvernèrent le Japon impérialiste de la Seconde Guerre mondiale ? A vous de conclure…

Pour en savoir plus : https://fr.wikipedia.org/wiki/Shir%C5%8D_Ishii
https://fr.wikipedia.org/wiki/Unit%C3%A9_731
https://fr.wikipedia.org/wiki/Arme_chimique

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