La cryptozoologie peut être définie comme l’étude des créatures dont l’existence n’est pas prouvée. Cette recherche de la vérité s’appuie pour cela sur les mythes et les légendes, mais également les témoignages de populations locales ou de témoins. Cette quête de l’étrange consiste aujourd’hui à démystifier les canulars et les idées reçues, mais il n’en a pas toujours été ainsi : au début du vingtième siècle notamment, la recherche d’animaux que l’on pensait légendaire a pu s’avérer fructueuse, notamment lorsque des explorateurs purent apercevoir pour la première fois le gorille des montagnes africain ou encore l’okapi. En effet, ceux deux espèces étaient jusqu’alors considérées comme des inventions. Partant de ce principe, l’existence d’animaux supposés chimériques pourrait bien s’avérer être réalité…

Aujourd’hui, malgré notre connaissance poussée du règne animal, certains mystères demeurent et, parfois, peinent à trouver des explications scientifiques. Plongée dans un tour du monde de la cryptozoologie.

Le dernier dragon d’Afrique

Cette appellation fut utilisée par Bernard Heuvelsman, le père de la cryptozoologie, pour définir ce que les pygmées vivant sur les rives du fleuve Congo nomment Mokele-mbembe. Les populations locales décrivent cette créature fluviale comme une sorte de gigantesque lézard que les experts décrivent comme un dinosaure sauropode herbivore.

Mokele-Mbembe

Le Mokele-mbembe est-il l’un des derniers représentants d’une race de dinosaures ?

En 1766, l’abbé Bonaventure, en voyage dans la région dans le but d’évangéliser le Congo, rencontre un petit groupe de missionnaires qui lui décrivent des empreintes gigantesques qui laissaient présager un animal aux dimensions tout à fait extraordinaires. Par la suite, tout au long des dix-huitième et dix-neuvième siècles, de nombreux témoignages d’explorateurs européens, qui affirment s’appuyer sur les dires des autochtones, décrivent cette formidable créature, vestige de temps révolus. En 1981, des chercheurs de l’université de Chicago affirmèrent l’avoir vue, plongeant dans les eaux du fleuve lorsqu’elle entendit le bruit du moteur de leur embarcation.  Le Mokele-mbembe, d’après les locaux, est décrit comme un monstre prompt à renverser les pirogues mais dont les apparitions sont de plus en plus rares, à cause notamment de l’augmentation de l’activité humaine.

Cependant, l’existence de cette créature est naturellement controversée. Les sceptiques mettent en avant une erreur de traduction lors des contacts avec les Pygmées, proposent l’hypothèse de bancs de crocodiles ou de gigantesques hippopotames. De plus, pour survivre depuis une époque d’origine présumée reculée, l’espèce aurait eu besoin d’être alimentée par plusieurs centaines d’individus… mais le Mokele-mbembe reste cependant unique. On ne peut donc que douter de son existence, bien qu’aucune explication logique ne vienne expliquer l’origine des traces de pas retrouvées depuis près de trois siècles sur les berges du Congo…

 

Les blobs de Raleigh

Cryptozoologie

Les blobs de Raleigh furent immortalisées par une vidéo prise par les services de la ville.

Le 29 juin 2009, à l’occasion d’une inspection des égouts dans une petite ville de Caroline du Nord, aux États-Unis, des employés d’une entreprise privée ont remarqué quelque chose de très étrange. Au détour d’un conduit, ils ont croisé une sorte de masse organique vivante prise de pulsations. A l’aide d’une caméra, ils enregistrent une vidéo de la chose, et en avançant dans les tunnels, se rendent compte que plusieurs autres amas de tissus inconnus couvrent les parois des canalisations souterraines. Ce qui prit dès lors le nom de “monstre de Raleigh” devint dès lors un phénomène qui inquiéta la population locale et obligea la mairie à commenter le sujet. Ed Buchan, des questions environnementales municipales de Raleigh, affirma ne jamais avoir rien vu de tel, et a avoué l’ignorance totale des autorités sur le sujet.

Il n’en fallait pas plus pour créer une polémique et lancer des rumeurs folles sur la nature et l’origine de ces blobs. Finalement, une équipe de biologistes reconnut des colonies de vers tubifex, qui vivent habituellement au fond de marécages mais peuvent également se développer dans des égouts. Enfin, ils expliquèrent que les étranges pulsations des créatures étaient dues à la lumière de la caméra utilisée par les employés. Cependant, la rumeur sur le monstre de Raleigh continua d’alimenter les conversations, notamment à cause de son apparence digne d’un roman de Lovecraft.

El Chupacabra

Si le chupacabra fait désormais partie de la culture populaire, notamment à travers des références dans des séries télévisées ou des jeux-vidéos, son origine dépasse largement le cadre de la fiction. Tout commence en 1992, dans les Caraïbes. La petite ville de Moca, située sur l’île de Porto Rico, est le théâtre du massacre de plusieurs animaux, et notamment des chèvres. Bientôt, toute l’île est concernée par le phénomène, et les journaux s’emparent de l’affaire. Rapidement, un point commun entre toutes les victimes est mis en évidence : sur les cous des cadavres, deux petits trous rouges, par lesquels le sang de l’animal a été aspiré. Le cas portoricain s’exporte bientôt à l’étranger, et au début des années 2000, des cas d’attaques du chupacabra (littéralement : “suceur de chèvres”) sont répertoriés sur tout le continent américain, de l’Argentine aux Etats-Unis.

Mais à quoi ressemble la créature ? Un si grand nombre de victimes ne pouvait passer inaperçu, et de nombreuses personnes affirmèrent avoir vu l’auteur des meurtres d’animaux, dès 1992, mais aucun ne s’accord. On compare tantôt le chupacabra à un moustique gigantesque, à une chauve-souris ou encore à un petit homme couvert de poils et aux yeux rouges.

chupacabra

Le cadavre de la créature d’Emendorf est-il la preuve de l’existence du chupacabra ?

Finalement, la réponse à la question de l’apparence du monstre a peut-être été trouvée à Elmendorf, au Texas. En 2004, des troupeaux furent attaqués selon le mode opératoire du chupacabra, ce qui eut le don d’agacer les fermiers des environs. L’un d’eux, Devin McAnnally, réussit l’exploit d’abattre d’un coup de fusil un animal qu’il prit tout d’abord pour un coyote. Cependant, en s’approchant du cadavre, il remarqua qu’il était dépourvu de poils et que sa peau était bleutée. Une fois les autorités averties, ces dernières furent incapables de déterminer la race de l’animal, qu’ils attribuèrent à la famille des canidés. L’hypothèse la plus probable, selon eux, serait qu’il s’agisse d’un coyote atteint de la gale ainsi que d’un maladie congénitale, ce qui expliquerait à la fois son physique étrange mais également son comportement très agressif.

Cette affaire peut donc nous laisser penser que le chupacabra est simplement issu d’une maladie qui aurait touché différents types de chiens présents dans les Amériques. Néanmoins, aucune explication rationnelle n’a été évoquée en ce qui concerne le caractère vampirique des massacres de bestiaux…

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