Bienvenue dans notre second voyage dans le monde de l’étude d’animaux, bêtes et monstres extraordinaires qui peuplent les légendes et l’imagination des hommes, et dans certains cas les recoins les plus sombres de notre planète. Si vous n’avez pas encore consulté la première partie de cette série, nous vous invitons à vous rendre ici  afin de profiter d’articles sur le dernier dragon d’Afrique, le chupacabra ainsi que sur d’étranges amas organiques dans les égouts nord-américains : Petit tour du monde de la cryptozoologie, première partie.

Le monstre de Montauk

Le 29 juillet 2008, un serveur d’un bar de Long Island (New-York) se promenait sur la plage de Montauk, à l’extrémité de l’île alors bondée de touristes et de vacanciers. Attiré par un attroupement, il se rend vite compte que celui-ci est causé par quelque chose de tout à fait exceptionnel qu’il immortalise en photo. En effet, repose sur le plage une créature invraisemblable que personne n’osa toucher pendant de longues minutes. Et pour cause : l’animal, si c’en est un, ne ressemble à rien de connu. Décomposé par un probable long séjour dans l’océan, la chose dispose d’un corps assimilé à celui d’un rongeur, mais également d’une sorte de bec dur ainsi que de dents pointues.

Monstre de Montauk

Le monstre de Montauk a-t-il été le résultat d’une terrible expérience ?

Immédiatement, plusieurs hypothèses sont avancées : un gros rongeur, un porc, une tortue ayant perdu sa carapace, un raton-laveur… mais aucune ne tient la route. Les médias américains, alertés par le nombre de témoins, s’emparent de l’affaire et les journalistes ne tardent pas à rapprocher le lieu d’échouage de la bête avec le Plum Island Animal Disease Center, un centre gouvernemental situé à proximité et connu pour avoir travaillé à la conception d’armes chimiques et biologiques pendant la guerre froide, mais également pour tester divers produits sur des animaux. Le monstre de Montauk pourrait donc être le résidu en fuite d’expériences de ce centre controversé, et qui se retrouva encore une fois au centre de l’attention de l’opinion new-yorkaise lorsqu’un deuxième carcasse fut retrouvée quatre ans plus tard à la même période.

Le roi de rats

C’est en Allemagne qu’apparaît ce terme, issu d’un conte populaire mettant un scène un jeune prince d’un royaume de rats, Nerub, qui aurait fusionné avec des membres de sa cour afin de battre une araignée maléfique qui menaçait ses sujets. En réalité, sous cette histoire datant du seizième siècle se cache peut-être une explication légendaire au tout premier roi de rats. Par définition, il s’agit en effet d’un ensemble de rongeurs entremêlés les uns avec les autres, notamment par leurs queues, les obligeant à vivre dans un mélange collant de poils et d’excréments. L’authenticité du phénomène est avéré, malgré le fait que de très nombreux spécimens avaient en réalité été construits par l’homme. Néanmoins, ceux constitués de manière naturelles sont la conséquence, d’après les experts, d’une possible exigüité dans certains nids très étroits, forçant les rats à grandir les uns contre les autres jusqu’à ce qu’ils soient totalement mélangés, et donc incapables de se déplacer ou de se nourrir, devenant dépendants des autres individus de la colonie.

Roi des rats

Ce roi des rats, découvert en 1828 à Buchheim, composé de 32 individus, est le plus grand jamais retrouvé.

En effet, si l’on a longtemps pensé qu’il ne s’agissait que de canulars car la plupart des spécimens étaient déjà morts lors de leur “découverte”, une analyse menée sur un roi des rats retrouvé aux Pays-Bas a montré des cals au niveau des fractures sur les queues des individus, montrant que ces derniers ont vécu longtemps après avoir été emmêlés entre eux. De plus, certains témoignages laissent penser que de telles monstruosités furent découvertes toujours en vie, notamment en 1683, lorsque le spécimen fut apporté à l’hôtel de ville de Strasbourg. Lors du transport, suite à un mouvement brusque de la part d’agents inquiets de la ville, l’un des rats réussit à se défaire de l’amalgame de rongeurs et réussit à s’enfuir.

Ces divers témoignages mais également la conservation de quelques exemplaires dans divers musées, notamment en France et en Allemagne. Cependant, le cas le plus impressionnant fut certainement, au début du vingtième siècle, celui d’un spécimen ayant souffert d’une mutation particulièrement abominable : sous l’effet de cette proximité forcée et de la chaleur, la peau des rats agglutinés fondit et fusionna avec celle des autres, formant un seul véritable individu monstrueux et démesuré sous la forme d’un organisme vivant unique et pourtant composé d’une dizaine de rongeurs.

Le mystère plane toujours sur les processus de création des rois de rats : se forment-ils par accident, ou de façon coordonnée, afin, comme dans la légende de Nerub, de faire face à une menace envers la communauté ?

Le mapinguari

Sous ce nom se cache l’une des créatures les plus mystérieuses du continent sud-américain. Dans la jungle inextricable de la forêt amazonienne, entre lagunes et arbres sans âge, se cache une créature prétendument millénaire et qui aurait la charge de protéger ces espaces encore presque vierges d’activités humaines.

Cryptozoologie

Cette ancienne créature préhistorique est-elle aux origines du mapinguari ?

Les autochtones le décrivent comme un grand singe, semblable au paresseux, mais disposant d’un seul œil, une seconde bouche sur le ventre ainsi qu’une peau faite d’écailles ou bien d’une épaisse fourrure, selon les versions. Les croyances locales affirment qu’il s’agit d’un carnivore qui ne s’attaque aux humains que lorsque son environnement est menacé, par exemple lorsqu’un chasseur s’introduit sur son territoire. Le mapinguari se cacherait alors derrière un arbre, armé d’un long bâton afin d’assommer l’intrus. Cette idée serait très répandue, notamment au sein des communautés d’indiens proches de la rivière du rio Tapajos. Cependant, aucune preuve de l’existence du mapinguari ne fut retrouvée : pas de traces, pas de photographies et encore moins de corps. Malgré cela, une explication scientifique a légitimé la légende de cette créature : en effet, le mapinguari ne serait qu’un souvenir déformé d’un animal aujourd’hui disparu et lui ressemblant fortement, le megatherium, une sorte de paresseux géant, dont la disparition coïnciderait justement avec les premiers peuplements de l’Amérique du Sud. Ce primate colossal, qui aurait été décimé par des populations encore composées exclusivement de chasseurs-cueilleurs, serait donc entré dans l’imagination collective de ces tribus, devenant ainsi le sujet d’histoires d’abord vraies et courantes, puis seulement une image lointaine d’un géant amazonien aujourd’hui disparu.

Pour en savoir plus :

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse mail ne sera pas publiée.